Page blanche
Résidence artistique - Janvier 2026
Après deux années de projets, d’expositions et de rencontres, l'espace loüable a lancé cette première résidence artistique in situ - Page blanche.
Pendant dix jours, huit artistes ont investi le lieu, le transformant en atelier partagé, pour créer, expérimenter et dialoguer. Page blanche leur a proposé un cadre collectif ayant pour prémisse l’exploration de cet infini angoissant, se trouvant entre chaque étape d’un travail autonome. La fatigue qui peut arriver avec la prise de décision éternelle quand nous devenons maître de notre savoir-faire. Une face cachée du statut d’artiste, obligé d’être entrepreneur et de porter tous les chapeaux.
Ce goût amer de la liberté
(que nous avons honte d’avouer),
La naïveté d’un temps avec moins de responsabilités,L’auto-sabotage,
Le syndrome de l’imposteur,
La peur et la désorientation qui viennent avec la création de son propre chemin.
Ce flou au bout du tunnel.

Plutôt que de chercher à résoudre ces tensions, Page blanche a choisi de les habiter. De faire du flou un espace commun, un point de départ partagé en ce début d’année 2026.Ce catalogue/zine est la trace de cette expérience. Il rassemble œuvres, fragments de processus, démarches et réflexions nées de ces dix jours à l’espace loüable. Un témoignage d’un moment où, ensemble, les artistes ont accepté de plonger dans le vide — et d’y créer.
Pour chaque artiste la page blanche est —
Normand Besner — Le contexte idéal de débuter la production intentionnelle d’une série d'œuvres.
Aschbel Joseph — L’occasion de redéfinir son identité en se rapprochant de son histoire, entre territoire et diaspora.
Sara-Miel Lopez — L’opportunité de concrétiser ses pratiques artistiques au contact de collègues artistiques.
Malaika Astorga — Une rencontre avec la scène créative, faisant naître une réflexion culturelle entre les communautés montréalaise.
Gilliane April — Une opportunité d’enquête anthropologique pour inverser son processus habituel et se contraindre à l’observation d’un seul sujet pour en extraire d’innombrables variations.
Sara Jodoin — Un point de départ, se laissant influencer par l’espace et les particularités de son cachet historique - entre brique, métal et bois - pour mettre en valeur la matérialité du papier.
Jessica Beaulieu — Une interprétation littérale avec un projet sous forme de livre textile, entre correspondance et mémoire d’une amitié chère.
Catherine-Audrai Lalonde — Un seuil, présentant une pièce inachevable en 10 jours, soulignant l’importance de la lenteur de sa production artisanale quasi méditative (tout autant souhaitée que obligée).
Plutôt que de chercher à résoudre ces tensions, Page blanche a choisi de les habiter. De faire du flou un espace commun, un point de départ partagé en ce début d’année 2026.Ce catalogue/zine est la trace de cette expérience. Il rassemble œuvres, fragments de processus, démarches et réflexions nées de ces dix jours à l’espace loüable. Un témoignage d’un moment où, ensemble, les artistes ont accepté de plonger dans le vide — et d’y créer.
Les artistes résidents
NORMAND BESNER
Géométrie variable
Basé à Montréal, issu du design et de la scénographie, Normand Besner à plus de 40 ans d’expérience en conception d’espaces et de mises en scène. Membre du RAAV, il a présenté de nombreuses expositions et a reçu le prix Artiste de l’année 2025 (arrondissement de Lachine). Sa pratique explore la géométrie, la tridimensionnalité et les notions d’univers et de temps, dans une approche minimaliste inspirée du suprématisme et du constructivisme.
Dans le cadre de Page blanche, première résidence artistique, Besner vise à approfondir sa recherche en art géométrique et à produire une nouvelle série d’œuvres originales, renforçant son positionnement au sein de la scène de l’art contemporain.
MALAIKA ASTORGA
Sans titre
Artiste multidisciplinaire mexicano-canadienne, Malaika Astorga développe une pratique à la croisée de l’écriture, de la vidéo, de l’illustration et de la recherche culturelle. Ancrée dans l’observation et le récit communautaire, sa démarche s’intéresse à l’évolution des scènes artistiques indépendantes, aux dynamiques du DIY et aux tensions entre espaces physiques et plateformes numériques.
Cette résidence lui permettra de développer un essai culturel sur les communautés créatives montréalaises, accompagné d’une vidéo et d’une illustration, afin de réfléchir à ce qui permet aux communautés artistiques de durer et de se renouveler.
JESSICA BEAULIEU
Sans titre
Formée en arts visuels à l’UQAM après un passage au Cégep du Vieux Montréal, Jessica Beaulieu développe une pratique textile engagée qui interroge les représentations de la féminité, l’intime et les récits marginalisés. Par le geste lent de la couture, elle détourne le textile comme outil de résistance, de mémoire et de narration sensible.
Cette résidence lui permettra de poursuivre un projet autour des histoires d’amour et d’amitié, en créant un livre textile intime comme archive vivante de ces liens.
ASCHBEL JOSEPH
Un touriste dans mon propre pays
Artiste et architecte canado-américaine d’origine haïtienne, Aschbel Joseph développe une pratique en peinture et en médiums mixtes axée sur la mémoire, la diaspora et le sentiment d’appartenance. Son travail explore les liens entre territoire, identité et nostalgie à travers la couleur, la texture et la narration spatiale.
Page blanche lui permettra de créer de nouvelles œuvres in situ pour le projet Un touriste dans mon propre pays, affirmant sa démarche et marquant sa première exposition à Montréal au sein d’un contexte collectif.
GILLIANE APRIL
Feuille-morte-dans-l’air
Artiste et étudiante à la maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM, Gilliane April développe une pratique ancrée dans le dessin d’observation et l’installation. Son travail explore les manières dont le vivant et le non-vivant créent, agissent et laissent des traces, en portant attention à l’accident, au presque rien et aux phénomènes ordinaires.
Cette résidence lui permettra de poursuivre une recherche sensible autour de la feuille morte en mouvement, en accumulant des dessins comme autant de fragments d’un processus en transformation.
CATHERINE-AUDRAI LALONDE
Sans titre
Artiste en quête d’équilibre entre art, corps et esprit, Catherine-Audrai Lalonde développe une pratique processuelle nourrie par la lenteur, la répétition du geste et les états méditatifs. Son travail engage le corps dans des rythmes de création où le temps, la résilience et la transformation occupent une place centrale.
Cette résidence lui permettra d’explorer la page blanche comme seuil et amorce du geste, à travers le monotype tracé et des dentelles brodées sur papier japonais.
SARA-MIEL LOPEZ
Rémanence biologique
Artiste multidisciplinaire québéco-péruvienne et biologiste marine, elle développe une pratique au croisement de l’art et de la science, nourrie par l’eau, le mouvement et la dualité identitaire. À travers le dessin, l’écriture, la photographie et les arts plastiques, elle explore les émotions, le deuil, le corps et la transformation, en lien avec des enjeux sociaux et environnementaux.
Cette résidence sera pour elle un espace d’exploration du vide, de la page blanche et du doute créatif, abordés de manière spontanée et sensible à travers plusieurs médiums.
SARA JODOIN
Essai 1 (7200 minutes)
Artiste émergente formée en arts visuels et médiatiques, Sara Jodoin développe une pratique multidisciplinaire centrée sur les arts d’impression, la photographie et l’installation. Son travail explore la lenteur, la récolte et la transformation de l’image, en dialogue avec la matière, la temporalité et les lieux périurbains et ruraux.
Cette résidence lui permettra d’expérimenter une installation in situ, où le lieu et le temps deviennent des éléments structurants de sa recherche et de son interprétation de la page blanche.
















































